NIEUL-SUR-MER.
Les skippeurs de Chobelet

La classe de CM2 de l'école Gabriel-Chobelet participe à la transat La Rochelle-Bahia depuis l'établissement scolaire, via Internet. (PHOTO jean-pierre ouvrard)
La classe de CM2 de l'école élémentaire Gabriel-Chobelet vit actuellement les tourments de son navigateur préféré, le Nieulais Fabien Sellier. Elle suit également la route d'un autre voileux, le Rochelais Franck Colin. Fabien est la vedette de Chobelet et de l'autre école nieulaise, le Fief-Arnaud, qui mène conjointement un projet pédagogique sur la mini-transat La Rochelle-Bahia.
La classe de Pascal Ricono a déjà pris contact avec le navigateur. Certains enfants ont eu le bonheur de le rencontrer sur les pontons rochelais et d'autres, en pleine mer, ont vu la flottille passer la ligne au large du fort Boyard.
Ils le suivent sur la toile
La classe le suit de près grâce aux liaisons Internet et aux médias, notamment à l'occasion de son départ catastrophique : un coup de tabac spectaculaire a cassé un de ses safrans et provoqué un retour immédiat aux Minimes, pour réparer.
La classe ne sait pas trop où se trouve Fabien actuellement, car il ne donne pas sa position : il navigue en « bateau fantôme ».
Les élèves prennent la parole, et Lucas intervient : « Attention, Michel Desjoyaux, pendant le Vendée Globe, a eu aussi des pépins, ce qui ne l'a pas empêché, malgré un retour aux Sables pour réparation, de gagner cette transat. » Les experts maritimes en culotte courte continuent. Pour Charlotte, « le marin breton avait pris une autre route, un cap totalement différent qui s'est avéré payant, puisqu'il a "grillé" tout le monde et passé la ligne d'arrivée en vainqueur. »
Selon Baptiste, « participer c'est bien, mais gagner c'est mieux, car les premiers sont vus par les médias, cela fait de la pub et c'est avantageux pour les sponsors ». Clément V. l'affirme : « J'ai vu à l'émission Stade 2 l'arrivée des premiers, le Portugais Francisco Lobato, sur prototype, et Bertrand Delerme, sur son bateau de série ».
Une course virtuelle
Les enfants sont aussi dans la course par le biais d'un jeu virtuel. Ils sont mis en conditions en temps réel, grâce au fil de la souris, via un vidéo projecteur. Les enfants peuvent aussi personnaliser leur 6,50.
Jason explique : « J'ai un numéro, un code d'activation et un pseudo, mon bateau s'appelle "Jason 99". » Clément F., lui, souffle : « J'ai eu le droit aux coups de tabac, il faut faire attention ! La pétole ou le pot au noir (manque de vent total) qui peut, si les courants sont inverses, vous faire reculer. »
Le bateau de l'école se nomme « Chobelet CM2 » et on peut le suivre sur la toile. Les écoliers bénéficient des conseils de Marc Philbert, leur EVS (éducateur de vie scolaire), un pur voileux, copain de Fabien Sellier. Et ce pour des options de route, selon les vents, les courants.
Ils boudent la récré
Sur les 25 engagés, 13 ont franchi la ligne de la première étape, les autres sont encore dans la bataille. Ainsi Guillaume : « Je me suis planté, je suis entrain de bronzer le long des côtes africaines. » Selon Pascal Ricono, « au travers de cette belle aventure, outre l'adrénaline de la compétition et le suivi de notre champion, cette transat en direct ou virtuelle se veut pédagogique. Pour suivre, les enfants ont besoin de notions géométriques, géographiques, mathématiques. Ils apprennent aussi le vocabulaire marin. Ils communiquent grâce à l'informatique, font de la compréhension de texte autour d'un projet qui les passionne. J'ai du mal à les faire partir en récré ! »
Charlotte manie la souris d'une main experte. Elle explique la position du vent et donne les conditions climatiques ; « Je suis sous spi, il me reste 395 kilomètres avant d'arriver à Bahia. »
Elle zoome, fait apparaître la situation de tous les régatiers, les côtes sont bien visibles, les bateaux amis sont localisés grâce à la cartographie satellitaire. Dans vingt ans, peut-être que ce seront eux, les skippers suivis à la trace sur la toile...
Auteur : Jean-Pierre Ouvrard